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De Galilée à Herschel

L’introduction de la lunette — et plus tard, du télescope à miroir — dans le domaine de l’astronomie entraine une véritable révolution. Entre lui et Herschel, c’est un véritable âge d’or de l’astronomie d’observation…

Comme pour la partie sur la Renaissance, il est difficile de se limiter strictement à la période comprise entre 1609 et 1780… De même, plusieurs astronomes importants ont dû etre laissés de côté pour cette version préliminaire de la page ; je prévois aller plus en détails dans le futur, comme pour toutes mes autres pages sur l’histoire de l’astronomie.

2 octobre 1608

Hans Lippershey

Ce fabricant de lunettes correctrices de la vue demande un brevet d’invention pour un appareil « pour voir les choses lointaines comme si elles étaient toutes proches ». La demande est rejetée, car d’autres opticiens en soumettent des semblables vers la même période, dont Jacob Metius [> 1571–entre 1624 et 1631, Alkmaar, Pays-Bas]  et Zacharias Janssen [v. 1580/1585/1588, La Haye–v. 1631, Amsterdam] . Il n’est pas clair comment l’un ou l’autre est arrivé à ce concept : certains disent que c’est en voyant des enfants jouer avec des lentilles, indiquant qu’ils voyaient mieux des choses lointaines…

Il semble toutefois que le concept était connu avant Lippershey, puisque Thomas Digges a écrit en 1570/1571 que son père pouvait, grâce à des jeux de lentilles, voir les objets lointains comme s’ils étaient rapprochés… Aussi, Giambattista della Porta décrivait un appareil semblable en 1586, et un autre, utilisant des miroirs, dans son Magia Naturalis (édition de 1589). John Dee [13 juillet 1527–1608/1609] aurait aussi décrit un appareil semblable à la lunette d’approche… La vraie origine et le véritable inventeur de la lunette d’approche resteront probablement à jamais sujets de débats…

La construction de l’appareil à cette époque consiste en une lentille convergente comme objectif et une lentille divergente comme oculaire. Ce n’est que plus tard que des perfectionnements auront lieu ; voir Kepler ci-dessous, notamment.

Bien que la plupart des gens prononcent « lipershé », son nom se prononce en allemand [ˈlɪpɐsˌhaɪ] et [ˈlɪpərsˌɦɛi] en néerlandais, soit à peu près « liperss-é ». [1570, Wesel, Allemagne–< 29 septembre 1619, Middelburg, Pays-Bas]

1609

Galilée

Pointe une lunette d’approche vers le ciel. Découvre des étoiles invisibles à l’œil nu, ce qui signifie que les Anciens ne savaient pas tout. Confirme que la Voie lactée est faite d’une multitude d’étoiles faibles et rapprochées. Note que le Soleil a des taches *, dont la position change avec le temps (phénomène peut-être plutôt remarqué par Francesco Sizzi), et que notre étoile tourne sur elle-même ; peut-être que la Terre aussi ? Confirme que Mercure tourne autour du Soleil. Observe que la Lune a des montagnes et des vallées, ce qui prouve qu’elle est un autre monde à part entière. Découvre des satellites à Jupiter, ce qui prouve que tout ne tourne pas autour de la Terre. Ses expériences sur le mouvement des corps infirment les affirmations d’Aristote.

Galileo Galilei (prononcé Galilèo Galilèi) [15 février 1564, Pise (Italie)–8 janvier 1642, Arcetri (Italie)]

26 novembre 1610

Nicolas-Claude Fabri de Peiresc

Découvre à la lunette d’approche la nébuleuse d’Orion, qu’il décrit ainsi : « In Orione media . . . . . . . . Ex duabus ſtellis compoſita nubecula quamdam illuminata prima frontè referabat coelo, non oio sereno ». La seconde personne à observer la nébuleuse fut son ami Joseph Gaultier de la Vallette [24 novembre 1564, Rians–1er décembre 1647, Aix-en-Provence].

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/32/Partiel_26nov1610_Orion.jpg

Ses observations de l’éclipse de Lune du 28 aout 1635, combinées à celles d’autres astronomes qu’il coordonne, lui permettent de déduire que la Méditerrannée est 1000 km plus courte que ce qui était cru jusqu’alors.

Il n’a pourtant jamais mis les pieds à Peyresq (orthographe moderne du lieu). [1er décembre 1580, Belgentier–24 juin 1637, Aix-en-Provence]

décembre 1610

Simon Marius

Observe les satellites de Jupiter (quelques jours avant Galilée ; toutefois, il ne commence à noter leur position respective dans son carnet que le lendemain de Galilée). C’est lui qui leur donnera des noms — presque jamais utilisés avant que la NASA ne les ressorte des boules à mites avec les sondes Voyager, les noms de Jupiter I, Jupiter II, Jupiter III, et Jupiter IV n’étant pas assez attrayants pour le public. Ces noms proviennent d’une phrase dans son livre Mundus Iovialis (1614 ; p. 78 f.) :

Io, Europa, Ganimedes puer, atque Calisto lascivo nimium perplacuere Iovi.

« Io, Europe, le garçon Ganymède, et Callisto ont grandement plu au vicieux Jupiter. »

Les périodes de révolution qu’il dérive pour les satellites de Jupiter sont plus précises que celles dérivées par Galilée.

Marius est aussi le premier à pointer une lunette astronomique sur la galaxie (alors dite « nébuleuse ») d’Andromède, toutefois connue des arabes depuis le Moyen Âge.

Simon Mayr [20 janvier 1573, Gunzenhausen–5 janvier 1625, Ansbach]

1620

Johannes Kepler

Nous avons parlé de lui dans la page sur la Renaissance, mais il vaut la peine de répéter ici qu’il réalise que le mouvement des planètes autour du Soleil est elliptique, après avoir analysé les observations de Mars réalisées par Tycho Brahe. Énonce trois lois sur le mouvement des planètes ; ce qui implique éventuellement que mesurer une seule distance dans le système solaire permettra de déduire toutes les autres.

En 1627, Kepler est la première personne à prédire un passage de Mercure devant le Soleil (pour 1631), de même qu’un passage de Vénus (aussi pour 1631) — ce dernier n’est pas observé, puisque l’Europe n’est alors pas dans la zone de visibilité.

Kepler perfectionne aussi la lunette d’approche, qui utilisait jusque là un oculaire divergent placé avant le foyer, qu’il remplace par un oculaire convergent, qu’il place après le foyer. Cela offre un plus grand champ de vision, une meilleure qualité d’image, et un plus fort grossissement.

[27 décembre 1571, Weil der Stadt (Allemagne)–15 novembre 1630, Ratisbonne (Allemagne moderne)]

7 novembre 1631

Pierre Gassendi

Observe le premier passage (ou transit) de Mercure devant le Soleil, tel que prédit par Kepler. Il essaie d’observer le passage de Vénus de décembre 1631, mais celui-ci n’était pas visible de Paris (où il faisait nuit). Il chercha aussi à déterminer la longitude par l’observation des éclipses de Lune, et fut le premier à expliquer (1629) que les parhélies sont causés par des cristaux de glace en suspension dans l’air.

[22 janvier 1592, Champtercier–24 octobre 1655, Paris]. Son nom se prononce [gasɑ̃di].

v. 1635/1640

William Gascoigne

Invente le micromètre, dans lequel l’ajustement d’une vis permet de mesurer de petits écarts. L’appareil de Gascoigne est installé sur un télescope et mesurait l’écart entre deux fils placés au plan focal de l’oculaire — il avait découvert par hasard un fil d’araignée au plan focal d’un oculaire sur lequel il travaillait. En connaissant la distance focale précise de l’instrument, Gascoigne peut, par la mesure de l’espace entre les fils, connaitre la taille angulaire réelle de l’objet observé, ou l’écart entre deux étoiles, etc. Il était ami de William Crabtree et Jeremiah Horrocks.

[1612, Middleton–2 juillet 1644, (bataille de) Marston Moor]

6 décembre 1639

Jeremiah Horrocks

Est la première personne, avec son correspondant William Crabtree [1610–> 19 juillet, < 1er aout 1644] à quelques dizaines de kilomètres, à observer le rare passage de Vénus devant le Soleil, qu’il avait prédit se produire vers 15 h locales (il détecte le disque vénusien devant le Soleil, à l’occasion d’un trou dans les nuages, vers 15 h 15, et le suit jusqu’au coucher du Soleil vers 15 h 45). Horrocks comprend que des mesures de l’évènement prises de différents endroits sur la Terre permettraient de déterminer la distance Terre–Soleil — Crabtree est toutefois trop près pour obtenir un résultat utilisable, mais Horrocks déduit une distance Terre–Soleil de 9,56 × 10¹⁰ m (en fait, c’est 1,496 × 10¹¹ m).

Fait à remarquer, Kepler avait prédit le passage de Vénus de 1631, mais pas celui de 1639, qu’il croyait être « à peine manqué » par la Terre, et Horrocks fut donc le seul à le prédire correctement. Si Horrocks fut plus précis que Kepler, c’est parce qu’il avait précieusement noté ses observations de Vénus depuis quelques années, ayant commencé à s’intéresser à l’astronomie et à observer dans son enfance. Il semble qu’Horrocks ait aussi prédit le passage de 2004.

Horrocks et aussi le premier à prouver que l’orbite de la Lune est une ellipse (il croit aussi que les comètes suivent des orbites elliptiques), et que notre satellite et son orbite subissent l’influence du Soleil ; de même, Jupiter et Saturne influencent l’orbite l’une de l’autre — anticipant les travaux d’Isaac Newton.

Les passages de Vénus devant le Soleil ont très rares — ils se produisent deux fois, espacées de huit ans, à tous les 121,5 ou 105,5 ans : les derniers furent le 5/6 juin 2004 et le 8 juin 2012 ; les prochains seront le 10/11 décembre 2117 et le 8 décembre 2125 ; les précédents furent le 9 décembre décembre 1874 et le 6 décembre décembre 1882.

[L’Angleterre utilisant encore à l’époque le calendrier julien, Horrox note la date du passage de Vénus comme étant le 24 novembre.]

[1618, Liverpool–3 janvier 1641, Liverpool] Il serait mort la veille de ce qui semble avoir dû être sa première rencontre avec Crabtree.

1645

Ismaël Boulliau

Publie Astronomica Philolaica, dans lequel il mentionne que la force de gravité obéit à une relation inversement proportionnelle au carré de la distance ; il en va de même pour l’éclairement lumineux. Newton précisa cette relation pour la gravité 42 ans plus tard dans son Principia. Certains historiens des sciences considèrent ce livre comme le plus important livre d’astronomie entre ceux de Kepler et de Newton.

[28 septembre 1605, Loudun–25 novembre 1694, Paris]

1647

Johannes Hevelius

Publie Selenographia, sive Lunae descriptio, qui fonde la science de la topographie lunaire, ou sélénographie. L’éclairage de chaque carte est le même, plutôt que de représenter différentes régions de la Lune sous différents éclairements. Il y utilise aussi un système de nomenclature basé sur la géographie terrestre. L’ouvrage présente aussi sa découverte de la libration en longitude de la Lune, un mouvement d’oscillation de notre satellite causé par l’ellipticité de son orbite.

Il observe aussi les taches solaires, de 1642 à 1645 — ses observations seront déterminantes pour établir le minimum de Maunder —, et découvre quatre comètes entre 1652 et 1677. De leur observation, il déduit que l’orbite des comètes est (du moins parfois) parabolique, idée révolutionnaire pour l’époque.

Hevelius est aussi connu pour ses longues lunettes — il en fabrique éventuellement une de 46 m (150′) de long —, mais il semblait favoriser l’usage d’instruments prétélescopiques, comme le quadrant et l’alidade… Il crée aussi sept nouvelles constellations, toutes encore utilisées aujourd’hui, dans son Firmamentum Sobiescianum, ainsi nommé en l’honneur du roi Jan III Sobieski de Pologne.

Après sa mort, sa seconde épouse, Elisabetha (Elżbieta) Koopmann [17 janvier 1647–22 décembre 1693], publie le catalogue de 1564 étoiles sur lequel il travaillait : le Prodromus Astronomiae en est la préface, suivi du Catalogus Stellarum (le catalogue proprement dit), et du Firmamentum Sobiescianum, sive Uranographia susmentionné. Il est dit d’Elisabetha qu’elle fut la première femme astronomie.

Hoffel ou Höffel était son nom de naissance ; c’est Jan Heweliusz en polonais, mais il est germanophone de naissance, apprenant le polonais à l’école. Il se considère néanmoins « citoyen du monde polonais ». Outre l’astronomie, sa vie est marquée par le brassage de bière et la politique municipale ; il est éventuellement élu maire de Gdańsk [28 janvier 1611, Gdańsk–28 janvier 1687, Gdańsk]

1651

Giovanni Battista Riccioli

Publie Almagestum Novum (« Nouvel Almageste » ; deux tomes totalisant plus de 1500 pages de 38 cm × 25 cm), dans lequel figure une carte de la Lune, basée sur les dessins de Francesco Maria Grimaldi [2 avril 1618, Bologne–28 décembre 1663, Bologne], eux-même basés sur les travaux de Johannes Hevelius et Michael van Langren. Cette carte est l’une des premières, sinon la première, à nommer les caractéristiques de la surface sélène, avec des noms que l’on utilise encore aujourd’hui, comme Mare Serenitatis (mer de la Sérénité) ou Copernicus (cratère Copernic).

Publie aussi Astronomia Reformata en 1665, qui contient une référence à ce qui pourrait être la première observation de la Grande tache rouge de Jupiter (par Leander Bandtius en 1632), découverte normalement créditée à Robert Hooke [28 juillet 1635, Freshwater–3 mars 1703, Londres] et à Giovanni Domenico Cassini, vers 1665.

En 1650, il fut aussi le premier à noter la duplicité de l’étoile Mizar, dans la queue de la Grande Ourse.

[17 avril 1598, Ferrare–25 juin 1671, Bologne]

1655

Christiaan Huygens

Explique l’aspect télescopique étrange de Saturne par la présence d’un anneau autour d’elle. Découvre Titan, le plus gros satellite de cette planète. Dans le livre expliquant ses découvertes, Systema Saturnium (1659), il présente aussi ce qui est probablement le premier dessin détaillé de la nébuleuse d’Orion, dont il résout une partie en étoiles.

Il est aussi le premier à observer un trait de surface sur une autre planète, en l’occurence Syrtis Major sur Mars (il semble qu’il n’ait toutefois pas publié ces observations). En chronométrant son passage au méridien de la planète rouge, il déduit que celle-ci tourne sur elle-même en 24 h 30 min, proche de la valeur réelle de 24 h 37 min.

Ses travaux sur la lumière le portent à croire en la nature ondulatoire de celle-ci.

Son nom se prononce [ˈɦœyɣə(n)s], soit un peu comme « œil-Xens », où le X correspond un peu à un son d’étouffement du locuteur. [14 avril 1629, La Haye–8 juillet 1695, La Haye]

1666

Isaac Newton

Le physicien anglais publie Philosophia Naturalis Principia Mathematica. La gravité, loin d’être un phénomène uniquement terrestre, régit toutes les orbites planétaires. Énonce les lois du mouvement d’après l’analyse des expériences de Galilée.

[4 janvier 1643 (25 décembre 1642 selon le calendrier julien alors en usage en Angleterre), Woolsthorpe–31 mars 1727 (20 mars 1726/27, calendrier julien, dans lequel l’année débutait le 25 mars ; aujourd’hui, on décrit toujours deux années pour les dates entre janvier et le 25 mars, pour éviter toute confusion), Kensington]

1669/70

Jean-Félix Picard

Est le premier à mesurer la taille de la Terre avec un certain degré de précision — à 0,44 % de moins que la valeur admise aujourd’hui —, en mesurant un degré de latitude à 110,46 km.

Les améliorations qu’il fait au quadrant — en lui adjoignant un télescope doté d’un réticule (développé par Gascoigne), ou une vis micrométrique — lui permettent de réduire sa marge d’erreur à seulement 10″, soit 24 fois moins que les 4′ de Tycho. Son quadrant a un rayon de 38″ (96 cm) et est gradué toutes les 15″. Son sextant a un rayon de six pieds (1,83 m) et est équipé d’un micromètre.

Il est l’un des premiers à observer l’aberration de la lumière, un phénomène causé par le mouvement de la Terre sur son orbite, qui fait en sorte que la lumière semble arriver selon un angle différent de celui duquel elle devrait arriver, un peu comme les gouttes d’eau lorsque l’on marche sous la pluie. Picard détecte cela comme étant une oscillation de quelque 40″ de l’Étoile polaire, qui ne peut être expliquée par la parallaxe comme on le croit d’abord.

[21 juillet 1620, La Flèche–12 juillet 1682, Paris]

1671

Jean Richer

Ses observations des oscillations d’un pendule transporté à Cayenne (voir Giovanni Domenico Cassini, ci-dessous), comparées à celles du même pendule en France avant le voyage, permettent à Isaac Newton de déduire que la Terre n’est pas parfaitement sphérique, mais légèrement aplatie aux pôles.

[1630–1696]

1672/1673

Giovanni Domenico Cassini

Grâce à ses observations de la planète Mars, menées à Paris simultanément avec celles de son assistant Jean Richer à Cayenne (Guyane française), il détermine la distance de la planète rouge, permettant de finalement estimer la dimension réelle du système solaire.

Cassini est le premier directeur de l’Observatoire de Paris, de 1671 à sa mort en 1712. Il est aussi connu pour avoir été le premier (en 1675) à observer une division (qui porte maintenant son nom) dans les anneaux de Saturne. Il a aussi déterminé la période de rotation de Mars et celle de Jupiter, découvert quatre satellites de Saturne (Iapetus et Rhea en 1671 et 1672, Tethys et Dione en 1684 ; il explique d’ailleurs correctement les variations de magnitude du premier en supposant l’existence d’un hémisphère clair et d’un hémisphère foncé), et note la rotation différentielle de Jupiter (v. 1690). Il détermine la parallaxe du Soleil en 1683. Enfin, il est le premier à utiliser avec succès la méthode d’observation des éclipses des satellites de Jupiter, proposée par Galilée, pour déterminer la longitude, et explique correctement (en 1683) la nature de la lumière zodiacale comme étant la réflexion de la lumière solaire sur des particules de poussière interplanétaire.

[8 juin 1625, Perinaldo–14 septembre 1712, Paris]

1676

Ole Rømer

Il est l’élève puis le gendre de Rasmus Bartholin [13 aout 1625, Roskilde–4 novembre 1698, Copenhague], connu pour avoir découvert — alors que Rømer habitait chez lui en 1669 — la biréfringence, c’est-à-dire la réfraction de la lumière par certains matériaux en fonction de la polarisation de celle-ci. En 1700, il convainc le roi du Danemark d’adopter le calendrier grégorien, ce qu’avait tenté en vain Tycho Brahe une centaine d’années plus tôt.

Au cours d’une période de plusieurs mois à compter de 1671, Jean-Félix Picard et lui observent environ 140 éclipses d’Io, un satellite de Jupiter, et comparent leurs observations avec celles de Giovanni Domenico Cassini à Paris, leur permettant de calculer leur longitude par rapport à celle de Paris.

L’année suivante, Rømer se rend à Paris, où il devient assistant de Cassini, qui avait remarqué des retards par rapport aux prédictions dans les éclipses des satellites de Jupiter, impliquant que la vitesse de la lumière est finie. Combinant les observations de l’Italien, prises de 1666 à 1668, avec les siennes, Rømer remarque que les éclipses sont plus rapprochées dans le temps les unes des autres quand la Terre s’approche de Jupiter, et plus espacées quand elle s’en éloigne.

Par le calcul, Huygens déduit donc des observations de Rømer que la vitesse de la lumière est de 16⅔ diamètres terrestres par seconde — ce qui donne 212 600 km/s, contre la valeur réelle de 299 792,458 km/s.

Ole Christensen Rømer. Son nom se prononce [ˈo(ː)lə ˈʁœːˀmɐ] (« o-le reu-ma »). Rømer signifie « originaire de Rømø », une ile danoise où est né son père. [25 septembre 1644, Århus (auj. Aarhus ; le « r » ne se prononce pas) (Danemark)–19 septembre 1710, Copenhague (Danemark moderne)]

1718

Edmond Halley

Découvre le mouvement propre des étoiles. Estime les distances des étoiles et déduit que les étoiles et le Soleil ont une luminosité semblable. Est le premier à prédire le retour d’une comète, en étudiant les chroniques historiques.

Prononcé hâ-lé, et non àlé.

décembre 1725–fin 1727

James Bradley

À la recherche d’une parallaxe dans la position de l’étoile γ Dra (Gamma Draconis), qu’il observe avec et pour le compte de Samuel Molyneux [16 juillet 1689, Chester–13 avril 1728, Kew], il découvre l’aberration de la lumière, preuve du mouvement de la Terre autour du Soleil, sous la forme d’une oscillation de la position de l’étoile selon le moment de l’année. La précision de leurs observations est inférieure à la seconde d’arc, niveau jamais atteint auparavant. Bradley observe plus de 200 autres étoiles et note une oscillation semblable, d’amplitude variable selon l’étoile et sa position dans le ciel.

Bradley découvre aussi la nutation de l’axe terrestre, après avoir conduit des observations pendant plus de 18,6 ans, durée d’un cycle complet de révolution des nœuds de l’orbite lunaire — en fait, de 1727 à 1747 environ. Il publie sa découverte le 14 février 1748. La nutation fait en sorte que Bradley observe la position de l’Étoile polaire se déplacer le long d’une ellipse de 18″ × 16″ autour d’une position moyenne. La constante de nutation est de 9,2″.

Bradley est élu Astronomer Royal en 1742, après la mort d’Edmund Halley. Il reçoit la prestigieuse médaille Copley en 1748.

[mars 1693, Sherborne–13 juillet 1762, Chalford]

1761

John Harrison

Met (partiellement) fin au problème de la détermination de la longitude en mer, en mettant au point une horloge et une montre (H4 ; 1761) suffisamment résistantes pour être utilisées sur les navires pendant de longs voyages, et suffisamment précises pour garder l’heure raisonnablement.

[3 avril 1693, Foulby–24 mars 1776, Londres]

13 mars 1781

William Herschel

Ce musicien passionné d’astronomie est la première personne depuis la préhistoire à découvrir une planète, Uranus. Il la prend d’abord pour une comète, mais l’astronome russe Anders Johan Lexell [24 décembre 1740, Turku/Åbo (Finlande moderne)–11 décembre 1784, Saint-Pétersbourg (Russie, où on l’appelle Andrei Ivanovich Leksel (Андрей Иванович Лексель)] révèle bientôt qu’il s’agit d’une nouvelle planète — incidemment, ses calculs préliminaires ne permettent pas de le prouver, et ce n’est que quelques années plus tard que Lexell découvre une observation, réalisée en 1759 par Christian Mayer, d’une étoile non cartographiée et ne semblant plus exister ; Lexell suppose qu’il s’agit d’une observation d’Uranus, et peut finalement conclure ses calculs. Lexell note aussi que l’orbite d’Uranus semble perturbée par ce qu’il suppose être une autre planète non découverte, mais ce n’est qu’en 1846 que la position de Neptune fut calculée et la planète découverte.

Herschel observe que beaucoup d’étoiles font partie de systèmes doubles (dans lesquels les étoiles tournent une autour de l’autre ; il publie des catalogues totalisant 848 systèmes). Il cherche à déterminer la forme et la taille de la Voie lactée (il a moins de 10 % de la taille réelle) et détermine que le Soleil se déplace dans la Voie lactée.

Herschel augmente considérablement le nombre de nébuleuses et amas stellaires connus, par la publication de catalogues comptant au total plus de 5000 objets. Éventuellement, son fils unique John (aussi un astronome célèbre) en découvrira d’autres, et leurs listes combinées seront reprises et augmentées par John Louis Emil Dreyer dans le New General Catalogue, encore en usage aujourd’hui.

Herschel est un pionnier de la spectroscopie, et découvre incidemment le rayonnement infrarouge, le 11 février 1800 — en décomposant la lumière du Soleil par un prisme, il remarque qu’un thermomètre de contrôle placé au-delà du rouge est plus chaud qu’il ne devrait l’être. (Les rayons ultraviolets furent découverts environ un an plus tard, par Johann Wilhelm Ritter

Il détermine la période de rotation de Mars et que l’étendue de ses calottes polaires varie avec les saisons. Il découvre deux satellites (Titania et Oberon) à Uranus, et deux autres (Enceladus et Mimas) à Saturne. Il est le premier président de la Royal Astronomical Society à sa fondation en 1820.

Sa sœur Caroline est aussi une astronome célèbre, ayant grandement collaboré aux travaux de son frère, mais ayant aussi fait quelques découvertes de comètes et d’objets de ciel profond par elle-même.

Un des points importants contribuant à sa célébrité est qu’il a scrupuleusement noté toutes ses observations astronomiques à compter du 1er mars 1774 (après avoir commencé à observer en mai 1773) ; les premières notées sont celles de la nébuleuse d’Orion et de Saturne.

[15 novembre 1738, Hanovre (Allemagne moderne)–25 aout 1822, Slough (Angleterre)]

† Jacob Metius est le frère d’Adriaan Adriaanszoon, dit Metius [9 décembre 1571, Alkmaar–6 septembre 1635, Franeker], qui a travaillé avec Tycho Brahe à l’ile de Ven et dont la seconde édition du livre Institutiones Astronomicae Geographicae apparait sur la célèbre toile L’Astronome (ou De astronoom en néerlandais) du peintre Johannes Vermeer (1668).

‡ Le fils de Zacharias Janssen, Johannes Zachariassen, a juré que son père a inventé le télescope en 1590… mais dans d’autres versions de son histoire, il a dit 1604, ou même 1618… Zacharias Janssen a tenu boutique à côté de Hans Lippershey pendant quelque temps — il n’est donc pas impossible que l’un ait copié l’autre, seule la parole de l’un comptant contre la parole de l’autre… Toutefois, Janssen était marchand itinérant pendant une bonne partie de sa vie, et Simon Marius a dit qu’un vendeur lui a offert ce qui ressemblait à une lunette d’approche alors qu’il visitait la foire d’automne de Francfort en septembre 1608… Comme mentionné ci-dessus, l’origine de la lunette d’approche — et celle du microscope, d’ailleurs — est probablement perdue à jamais…

* Christoph Scheiner [25 juillet 1573/1575–18 juin 1650] a aussi revendiqué la priorité de l’observation des taches solaires, mais ce sont fort probablement Johannes et David Fabricius qui, les premiers, ont vu ces orages magnétiques à la lunette. Scheiner, un Jésuite, considérait le Soleil comme était pur et incorruptible, comme Aristote l’avait dit, et que les taches solaires étaient des étoiles (ou autres astres) passant entre le Soleil et nous…

Références

Sur Wikipédia en français :

Christian Huygens. Dans Wikipédia, L’encyclopédie libre. Repéré le 19 février 2017 à https://fr.wikipedia.org/wiki/Christian Huygens

Christoph Scheiner. Dans Wikipédia, L’encyclopédie libre. Repéré le 19 février 2017 à https://fr.wikipedia.org/wiki/Christoph Scheiner

Elisabeth Hevelius. Dans Wikipédia, L’encyclopédie libre. Repéré le 19 février 2017 à https://fr.wikipedia.org/wiki/Elisabeth Hevelius

Galilée (savant). Dans Wikipédia, L’encyclopédie libre. Repéré le 19 février 2017 à https://fr.wikipedia.org/wiki/Galilée (savant)

Giovanni Battista Riccioli. Dans Wikipédia, L’encyclopédie libre. Repéré le 19 février 2017 à https://fr.wikipedia.org/wiki/Giovanni Battista Riccioli

Giovanni Domenico Cassini. Dans Wikipédia, L’encyclopédie libre. Repéré le 19 février 2017 à https://fr.wikipedia.org/wiki/Giovanni Domenico Cassini

Hans Lippershey. Dans Wikipédia, L’encyclopédie libre. Repéré le 19 février 2017 à https://fr.wikipedia.org/wiki/Hans Lippershey

Histoire du télescope. Dans Wikipédia, L’encyclopédie libre. Repéré le 19 février 2017 à https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire du télescope

Ismaël Boulliau. Dans Wikipédia, L’encyclopédie libre. Repéré le 19 février 2017 à https://fr.wikipedia.org/wiki/Ismaël Boulliau

Jacob Metius. Dans Wikipédia, L’encyclopédie libre. Repéré le 19 février 2017 à https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacob Metius

James Bradley. Dans Wikipédia, L’encyclopédie libre. Repéré le 19 février 2017 à https://fr.wikipedia.org/wiki/James Bradley

Jean Picard. Dans Wikipédia, L’encyclopédie libre. Repéré le 19 février 2017 à https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean Picard

Johannes Hevelius. Dans Wikipédia, L’encyclopédie libre. Repéré le 19 février 2017 à https://fr.wikipedia.org/wiki/Johannes Hevelius

Metius. Dans Wikipédia, L’encyclopédie libre. Repéré le 19 février 2017 à https://fr.wikipedia.org/wiki/Metius

Nicolas-Claude Fabri de Peiresc. Dans Wikipédia, L’encyclopédie libre. Repéré le 19 février 2017 à https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas-Claude Fabri de Peiresc

Ole Christensen Rømer. Dans Wikipédia, L’encyclopédie libre. Repéré le 19 février 2017 à https://fr.wikipedia.org/wiki/Ole Christensen Rømer

Simon Marius. Dans Wikipédia, L’encyclopédie libre. Repéré le 19 février 2017 à https://fr.wikipedia.org/wiki/Simon Marius

Transit de Mercure. Dans Wikipédia, L’encyclopédie libre. Repéré le 19 février 2017 à https://fr.wikipedia.org/wiki/Transit de Mercure

Transit de Vénus. Dans Wikipédia, L’encyclopédie libre. Repéré le 19 février 2017 à https://fr.wikipedia.org/wiki/Transit de Vénus

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