L’OBJET DE LA SEMAINE · 2016‑09‑25

NGC 6992

NGC 6992 par Sylvain BILLOT

α20 h 56 min 18,0 sMagn.7,0
δ+31° 44′ 30″Taille60,00′ × 8,0′
TypeRésidu de supernovaAutre(s) nom(s)Dentelles du Cygne, Veil Nebula.
[1]

Les Dentelles du Cygne sont l’un des objets les plus populaires pour l’astrophotographie à grand champ. Mais les avez-vous déjà observées visuellement ? Relevons nos manches et partons à leur découverte !

La nébuleuse résiduelle d’une supernova dont la lumière a atteint la Terre il y a 5000 à 7000 ans, les Dentelles du Cygne sont en fait constituées de trois parties : la partie est ou nord-est, aussi appelée Grande Dentelle (NGC 6992, sur lequel est mis l’accent ici) ; la partie ouest ou sud-ouest, aussi appelée Petite Dentelle (NGC 6960) ; et une partie entre les deux ou nord-ouest, aussi appelée le Triangle de Pickering (parfois associé à NGC 6979, mais c’est probablement une erreur). Cette dernière partie a été découverte sur des photographies, et est donc difficile à observer en visuel ; toutefois, les deux autres sont assez accessibles…

Ma première observation date de l’été 2013, au lac Écho, dans la Réserve faunique de Papineau-Labelle, dans le cadre de l’activité de camping astronomique qui y est organisée chaque année par le Regroupement des astronomes amateurs de l’Outaouais québécois (RAAOQ) — voir site 1, site 2, ou site 3. J’avais maintes fois entendu dire que l’objet y était facilement visible aux jumelles, compte tenu de la qualité du ciel, mais même dans mon télescope de 254 mm (10″) ƒ/4,7, je ne trouvais rien… Il faut dire que je n’utilisais alors pas la fonction « Aller à » (go to) intégrée…

Or, deux des organisateurs de l’évènement, Carmen Nadeau et Alain Denhez, m’ont suggéré d’utiliser leur filtre O III (oxygène doublement ionisé), qui atténue le fond de ciel ainsi que certaines étoiles, rehaussant donc comparativement la nébuleuse. La différence fut effectivement frappante : j’au pu immédiatement voir la partie sud-ouest (la Petite Dentelle), sans forcer. Comme on dit en québécois, elle me sautait au visage ! Une fois le filtre enlevé, pour comparer, j’arrivais tout de même à voir la nébuleuse assez facilement, sachant maintenant à quoi m’attendre et où regarder…

Les circonstances ont voulu que je n’ai pas repensé à observer cet objet à nouveau par la suite, mais lors de mon passage dans la Réserve faunique La Vérendrye, les soirs des 3 et 4 septembre 2016, j’ai tenté l’observation à nouveau, et j’ai vu la Petite Dentelle facilement — mais à peine mieux qu’au lac Écho, malgré la plus grande noirceur du ciel, compte tenu de l’humidité dans l’air. Cette fois, cependant, j’ai aussi essayé d’observer l’autre partie, la Grande Dentelle… et non seulement ai-je réussi, mais en plus, cette partie est encore plus facile à voir ! Deux étoiles relativement brillantes sont situées entre elles et la Petite Dentelle — j’avais l’impression qu’il s’agissait de deux yeux, et que la Grande Dentelle était un grand sourire béat.

Trois semaines plus tard, le 24 septembre, j’ai tenté à nouveau l’observation, mais cette fois d’un endroit où la pollution lumineuse est bien plus forte, soit Hudson, en banlieue ouest de Montréal. Encore une fois, les conditions n’étaient pas idéales (bien que la transparence était bien bonne), mais la Grande Dentelle était bien détectable même sans filtre — quoique à peine visible, mon collègue n’arrivant pas à la voir —, et la Petite Dentelle tout de même faiblement perceptible dans sa partie la plus éloignée de l’étoile voisine 52 Cygni.

Avez-vous déjà observé cette nébuleuse ? Dans quelles conditions ? Racontez-moi votre expérience dans les commentaires ci-dessous (si vous n’avez pas de compte Facebook, envoyez-moi un courriel). J’aimerais bien comparer et connaitre les conditions minimales de détection des Dentelles…

Références

[1]   STEINICKE, Wolfgang. Modern data: Revised New General Catalogue and Index Catalogue. Autopublié. 21 février 2016.

Crédit photo

La photo a été prise par Sylvain BILLOT.